Elasticité de la pâte
Donc le lait , en résumé, est une dispersion de globules gras dans un sol de protéines, ce qui stabilise les globules gras. Pour la pâte, cela apporte l’eau nécessaire au mouillage de l’amidon de la farine (l’empois) ainsi qu’un renforcement de la pâte en protéines, je pense intuitivement que ces protéines jouent un rôle dans la texture alvéolée de la pâte. La matière grasse du lait apporte selon moi de la souplesse à la pâte, en comparaison avec une pâte à choux à l’eau. Elle joue également un rôle de liant – stabilisateur pour la matière grasse du beurre de la recette. Il est plus aisé d’incorporer et de stabiliser l’incorporation du beurre dans du lait entier que dans de l’eau.
Cependant, le beurre peut ne pas être mélangé de façon homogène dans le lait, par manque d’agitation ce qui a pour conséquence ,au moment de l’incorporation de la farine, de générer des « zones » de farine plus grasses que d’autres. Ces zones où la farine est plus grasse se retrouvent lors de la cuisson, ce qui accentue les phénomènes de pâte lisse et de pâte déchirée : l’hétérogénéité de la croûte.
Un des facteurs qui semble grandement améliorer l’aspect de la croute est de mixer vivement le beurre fondu dans le lait afin d’en garantir une répartition homogène.
Un autre facteur qui réduit l’hétérogénéité de la pâte est le fait de mixer les œufs avant incorporation. La lécithine de jaune est alors plus disponible pour émulsifier la pâte et il n’y a plus de mauvaise répartition blanc-jaune dans la pâte.
Pourquoi la p.à.c se déchire: lors de la cuisson, l’eau contenue dans la pâte passe à l’état de vapeur et « pousse » de l’intérieur vers l’extérieur. Dans le même temps, l’œuf coagule et emprisonne la vapeur dans le réseau de gluten de la farine. A la surface de la p.à.c, la température est telle qu’il se forme rapidement une croûte d’œuf et de farine. Pour que cette croûte résiste à la poussée de vapeur sans casser ou se crevasser, il faut qu’elle puisse se déformer comme une bulle de chewing-gum tout en séchant. Il faut donc que le réseau de gluten puisse ‘coulisser’ sur lui même pour s’étendre, avant que d’être bloqué par la coagulation de l’œuf. Il faut donc du gras, mais pas du gras qui apporte de l’eau, du gras qui « coulisse », du gras qui jointe, qui lie : qui émulsifie.
Il semble que l’apport de lécithine de soja, en quantité minim, lors de l’incorporation des oeufs permette d’émulsifier l’oeuf dans le réseau de gluten avec le gras du beurre de la recette. On obtient alors une pâte qui présente une crôute plus lisse et régulière, si tant est que l’on seche au juste pourcentage la pâte au regard de l’apport de mouillage des oeufs. La p.à.c est alors moins développée, elle gonfle moins, elle est plus « lourde » mais plus régulière et résiste beaucoup mieux au phénomènes de craquement.